↬ Mise à jour sur «Dans un grand cimetière...»

Une amie m’a partagé une autre version de la comptine «Dans un grand cimetière…», à propos de laquelle j’ai écrit en octobre dernier.

Dans un grand cimetière
Hi hi hi, Ha ha ha
Il y avait une sorcière
Hi hi hi, Ha ha ha
Très très grande et très très mince
Hi hi hi, Ha ha ha
Elle rencontre trois squelettes
Hi hi hi, Ha ha ha
Le premier porte une casquette
Hi hi hi, Ha ha ha
Le second mange une galette
Hi hi hi, Ha ha ha
Le troisième danse la claquette
Hi hi hi, Ha ha ha
Ils demandent à la sorcière
Hi hi hi, Ha ha ha
Que ferez-vous quand vous serez grande [?]
Hi hi hi, Ha ha ha
Je serai une sorcière
Hi hi hi, Ha ha ha
Dans un grand cimetière
Hi hi hi, Ha ha ha

S’agit-il d’une audacieuse construction postmoderne où la fin de la chanson devient le début de la chanson et où la protagoniste est à la fois jeune et vieille, permettant de mettre au jour une conception linéaire du temps et de la vie humaine?

↬ Carburant de janvier

David Foster Wallace, Consider the Lobster (2005)

Un recueil d’essais qui proposent le point de vue extérieur et extrêmement curieux de David Foster Wallace. On plonge chaque fois avec lui dans un univers décrit minutieusement, soulevant des questions originales et fascinantes. Deux de ces essais sont disponibles en ligne; je vous en recommande la lecture : le portrait de l’animateur John Ziegler (Host) et une dissertation sur le homard (Consider the Lobster).

David Bowie, Blackstar (2016)

Mon expérience avec Blackstar n’est probablement pas très différente de celle de bien des fans : j’attendais la sortie de l’album et l’ai téléchargé tôt le matin pour l’écouter dans le bus. Je l’ai réécouté le soir même avec un ami qui m’avait fait découvrir David Jones il y a une douzaine d’années, puis durant la fin de semaine avec un intérêt grandissant. Évidemment, c’est avec une autre oreille que je l’ai réécouté le lundi.

On ne peut plus évaluer Blackstar sans le dissocier d’un certain bilan de la carrière de Bowie. Selon moi, c’est un peu dommage vu l’immense qualité de l’album. Cependant, ce bilan nous rappelle à quel point l’oeuvre entière de Bowie est incomparable. Sur RREVERB, Benoit Bergeron propose une excellente rétrospective de ses 25 albums.

Shye Ben Tzur, Johnny Greenwood & The Rajasthan Express, Junun (2015)

En attendant un éventuel nouvel album de Radiohead, les fans jettent leur dévolu sur tout ce que font les cinq britanniques. Pendant que Thom Yorke poursuit ses expérimentations électroniques avec Atoms for Peace et Tomorrow’s Modern Boxes, Johnny Greenwood va s’amuser avec des musiques bien loin du rock qui a propulsé le quintette au sommet. Junun s’inscrit dans la foulée de son travail avec Steve Reich : dans les deux cas, la clé d’une collaboration réussie est la mesure. C’est une mission accomplie; la guitare de Grrenwood s’intègre avec goût à l’orchestre du Rajasthan Express.

↬ Couleur café

Loin de moi l’idée de sous-entendre que Serge Gainsbourg était toujours compréhensible de son vivant, mais vous conviendrez avec moi que sa mémoire nous a laissé plus de questions que de réponses. Par exemple, d’où sortait-il son interprétation incroyablement erronée du droit criminel newyorkais selon laquelle un agent de la paix pouvait interpeller un passant en lui disant «You’re under arrest / ‘cause you’re the best»?

(Avouons-le, cet album entier pose beaucoup plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Définitivement pas recommandé comme première approche.)

Question plus importante : lorsqu’il vantait la «couleur café» de quelqu’un dans la chanson qui porte ce titre, à quoi faisait-il référence?

Or, voici un scoop pour Qui a besoin d’un titre en 2016? (il me faut vraiment un meilleur titre) : une source anonyme m’a partagé un document interne de Tim Hortons intitulé Identification Appropriée de la Couleur du Café.

Document de Tim Hortons : Identification appropriée de la couleur du café. C'est un peu difficile à expliquer si vous ne voyez pas l'image, désolé...

Enfin, ce document nous permet d’opérationnaliser la «couleur café». On ne sait pas exactement à quoi Gainsbourg faisait référence, mais on restreint ses choix à moins d’une dizaine.

Ce document soulève lui aussi beaucoup de questions : a-t-il été produit pour résoudre un problème de cafés non-identifiés? Y a-t-il des gens qui commandent des cafés avec du lait ou de la crème mais sans sucre? La consommation de café «Quatre crèmes, quatre sucres» entraîne-t-elle une un inscription obligatoire dans un registre de la santé publique?

«Couleur café», c’est imprécis, mais ça sonne quand même mieux que «couleur 4 x 4».

pantoise . obscurcir . passementer →

Le projet what3words a quadrillé le monde en carrés de 3 mètres et a assigné à chacun de ces carrés un code de trois mots (dans six langues).

Au moment d’écrire ces lignes (en attendant le bus à l’Université Laval), je suis dans le carré pantoise.obscurcir.passementer.

(via Marginal Revolution.)

↬ «Pas le même»

Quand je dis «probablement pas le même François Gagnon que celui auquel vous pensez», je ne le dis pas en vain.

Un jour, alors que je répondais au téléphone au travail, mon interlocuteur m’a demandé si j’étais le François Gagnon qui écrit dans le journal. Quand je lui ai répondu que non, il m’a dit «je me disais, aussi. Il a une meilleure voix.»

Lors d’une entrevue d’embauche, un employeur potentiel m’a interrogé sur des éléments particuliers de mon CV. Ceux-ci étaient incroyablement erronés et il a réalisé qu’il avait reçu deux candidatures de la part de François Gagnon. Pour la petite histoire, nous avons tous les deux été embauchés. Pour l’encore plus petite histoire, l’autre François Gagnon a reçu quatre uniformes à son nom et moi, aucun.

Voici donc une liste, en ordre approximatif du nombre de fois où on nous a confondus, de certains François Gagnon dont j’ai trouvé une trace en ligne :

Je reste ouvert à la fondation d’une confrérie. Si vous me cherchez, je serai en train de peaufiner l’ordre alphabétique de la liste des membres.