↬ L'étude des crédits budgétaires comme reflet du contrôle parlementaire

Il y a quelques mois, j’ai choisi de remodeler mon essai de maîtrise pour le publier sous forme de livre électronique. Dans le même ordre d’idée, je me suis dit qu’il ne faudrait que quelques heures de travail pour faire la même chose avec mon essai de stage à la Fondation Jean-Charles-Bonenfant.

Juste à temps pour l’étude des crédits budgétaires 2017-2018, la version électronique est maintenant en ligne (avec, en prime, quelques corrections stylistiques.

Ma volonté reste, contrairement au papier ou à d’autres formats numériques, de rendre l’information qu’il contient accessible de façon actualisable, partageable et pérenne. J’espère y ajouter des chapitres supplémentaires (je reprends la formule de Practical Typography de Matthew Butterick, qui me semble un chef d’œuvre du genre. ). De plus, ce livre est une collection de fichiers HTML statiques auxquels il est facile de faire référence. Finalement, j’ai l’intention de le maintenir à l’adresse http://etudedescredits.fmgagnon.com aussi longtemps que possible.

Un résumé

L’étude des crédits budgétaires en commission, un mécanisme formellement codifié dans le processus budgétaire au Québec, est en fait plus qu’un vestige de la lutte pour un gouvernement responsable. C’est un moment privilégié (en termes de priorité et de ressources) qui nous apprend beaucoup sur le Parlement : la nature du contrôle parlementaire qui y est effectué, l’institution qui l’organise et les parlementaires qui s’y prêtent. Toutefois, en tant que mesure de contrôle, ce processus reste fortement teinté par la répartition du temps de parole, par son caractère annuel et par l’ampleur du mandat.

Cet essai est consacré à évaluer l’étude des crédits budgétaires en commission en tant que mesure de contrôle, particulièrement lorsque comparée avec elle-même dans le temps et l’espace, mais aussi avec les autres mesures de contrôle de l’exécutif par le législatif. Il cherche à préciser et qualifier le contrôle parlementaire qui y est exercé en concluant par les limites qui y sont imposées tant par la procédure que par la tradition.

↬ Prédictions citoyennes

Je publie aujourd’hui une adaptation de l’essai que j’ai présenté à l’Université Laval dans le cadre de ma maîtrise en science politique en 2016. Dans le cadre de ce programme, l’essai vise à démontrer la capacité de l’étudiant à réfléchir de façon scientifique sur une question donnée. Je suis lucide sur ce point : il ne s’agit pas d’un travail de recherche à la fine pointe de la recherche scientifique. Cependant, maintenant qu’il est complété, je crois que cet essai contribue, bien modestement, à la connaissance que nous avons du comportement électoral. Je souhaite donc le partager pour vulgariser une partie de la recherche passée, appuyer des recherches existantes et inspirer des recherches futures.

Publier ce livre sous forme de pages Web me permet, contrairement au papier ou à d’autres formats numériques, de rendre l’information qu’il contient accessible de façon actualisable, partageable et pérenne. Ainsi, après l’essai à proprement parler, des chapitres supplémentaires s’ajouteront (je reprends la formule de Practical Typography de Matthew Butterick, qui me semble un chef d’œuvre du genre. ). De plus, ce livre est une collection de fichiers HTML statiques auxquels il est facile de faire référence. Finalement, j’ai l’intention de le maintenir à l’adresse http://predictionscitoyennes.fmgagnon.com aussi longtemps que possible.

Mes conclusions, en quelques mots

Des facteurs cognitifs (internes et externes) et des facteurs affectifs influencent la prédiction d’un citoyen sur l’issue d’une campagne électorale. Respectivement, les analyses graphiques et statistiques ci-haut suggèrent que la sophistication politique, l’information accessible, l’identification partisane et l’intérêt pour la politique ont un effet sur la formulation de ces prédictions.

Plus précisément, l’identification partisane semble isolément avoir un effet : l’identification d’un répondant à un parti le pousse à formuler une prédiction plus optimiste qui se manifeste de deux façons, soit par une surestimation des chances de victoire de son parti préféré ou par une sous-estimation des chances de ses adversaires. Cette différence entre la prédiction des partisans et des autres répondants s’amenuise toutefois avec une plus forte sophistication politique.

D’un point de vue « externe », l’effet des sondages semble être de favoriser le parti qui mène dans le sondage le plus récent, ce qui est accentué par un plus grand intérêt du répondant pour la politique. L’interaction la plus notable est celle entre le vainqueur local de la dernière élection et l’intérêt d’un répondant pour la politique. En effet, l’intérêt d’un répondant n’influence la prédiction à la hausse que si le parti en question a remporté la dernière élection locale. Même s’il s’agit d’une information extrêmement rudimentaire, elle permet de supporter un lien entre un certain intérêt (si minime soit-il) et l’assimilation de l’information disponible au sujet du paysage électoral.

La principale conclusion à tirer des constats exposés plus haut est que les prédictions des électeurs sont soumises à de réels biais : même si les concepts de vote tactique et d’examen stratégique laissent entendre un calcul rationnel et froid, ce calcul n’est rationnel que dans la mesure où l’évaluation des forces en présence peut l’être. Alors que certains de ces biais ne peuvent être contournés, comme la sophistication ou l’identification partisane, l’influence des sondages soulève une question éthique dans le domaine des médias.

De plus, l’effet de ces biais laisse entrevoir une interaction supplémentaire entre les facteurs d’influence. Par exemple, peut-on parfaitement évaluer l’effet de l’identification partisane ? Si celle-ci a un effet sur l’intention de vote des électeurs, qui a elle-même un effet sur leur prédiction, le biais en vient à agir à deux niveaux. Il en est de même pour l’intérêt envers la politique, qui peut agir sur la propension à s’identifier à un parti politique et sur l’éducation politique d’un électeur.

Finalement, le cadre théorique du vote tactique implique que les prédictions sont conjuguées aux préférences des électeurs. Il faut donc garder en tête que les constats présentés ci-haut ne représentent qu’une légère part du mécanisme qui guide un électeur dans la formulation d’une prédiction électorale, et à plus forte raison son choix dans l’isoloir.

↬ M.A.

La rentrée scolaire 2016 a été bien spéciale pour moi : ce n’était plus ma rentrée.

Même si je l’ai rarement fréquentée à temps plein, mon parcours des dix dernières années à l’Université Laval représente beaucoup pour moi. Je suis un fier diplômé de la Faculté des Sciences sociales, j’ai beaucoup appris en travaillant pour le journal Impact Campus et la librairie coopérative Zone et j’ai bénéficié d’incroyables opportunités comme étudiant grâce aux bourses des fondations C.D.-Howe et Jean-Charles-Bonenfant.

Aujourd’hui, après dix ans (presque jour pour jour) à l’université, j’ai officiellement reçu mon diplôme de maîtrise en science politique.

La réalisation de ce projet me remplit de fierté et de gratitude : j’ai eu la chance de grandir dans une famille qui valorise la culture et les études. Mes parents m’ont beaucoup encouragé à poursuivre et à chercher les opportunités de bourses et de stage.

De plus, ce fut un réel plaisir de travailler avec le département de science politique de l’Université Laval, qui encourage grandement ses étudiants à s’impliquer en dehors des cours. Ma collègue Joëlle et mon collègue (puis enseignant) Benjamin ont été une incroyable source de motivation.

J’ai aussi pu compter sur Marc André Bodet, un directeur très réceptif qui a commenté mes travaux avec pertinence, cohérence et clarté. Je ne dis pas que mon essai s’est écrit tout seul, mais grâce à son appui, je n’ai jamais eu le sentiment de ne jamais pouvoir le terminer.

Bien sûr, j’ai eu le privilège d’avoir un employeur accommodant qui soutient et reconnaît la formation de ses employés.

Et finalement, je dois beaucoup à Anne, qui a adapté son horaire au mien et a toléré plus d’une de mes soirées de réclusion avec Stata, et à Béatrice, dont les siestes m’ont fourni d’excellents moments de calme propices à l’écriture.

Mon premier projet, une fois ce programme terminé, a été de préparer une version publique de mon essai de maîtrise. Je le présente ici.

↬ Un événement sème la controverse

Un événement est survenu hier. Les experts s’entendent pour dire qu’il s’agit de l’issue prévisible d’un processus bien compris. « Ça parait gros, mais au fond, c’est une conséquence qui avait été annoncée il y a longtemps », signale le ministre chargé du dossier. Selon une professeure d’université interrogée, c’est au sujet de négociations qui auront lieu l’an prochain que l’incertitude plane.

Un communiqué a été émis dont les grandes lignes sont résumées sous la forme d’une image intégrée à cet article.

La nouvelle a fait réagir les réseaux sociaux

Sur Twitter, les internautes ont fait sentir leur mécontentement. Voici à ce sujet trois gazouillis de gens qui ne sont pas liés au dossier et dont on ne connait pas le vrai nom.

@ChoseBine1 C'est inadmissible! Que font les élus?

@UnAutre Et pendant ce temps-là, on ne fait rien pour #AutreChose!!!

@Observateur Bravo à leur gestionnaire de communauté #sarcasme.

Sur Facebook, un montage photo à ce sujet a été partagé plus de 500 fois, selon un algorithme difficile à juger.

À quoi servent les correspondants? →

Le carnet de Chris Dillow donne lieu à une intéressante conversation sur les correspondants politiques :

For one thing, they are redundant. All worthwhile issues could be as well or better covered by specialist reporters in other fields. For example, the junior doctors dispute could be covered by health or industrial relations correspondents; the local elections by local government reporters; the Brexit debate by economics, foreign or diplomatic reporters. And so on. The relative standings of the parties could be reported simply by comment-free reports on opinion polls or on Oddschecker’s election odds, in the same way that daily changes in the FTSE 100 are reported without comment. Which poses the question: what do political correspondents add?

Chris Hanretty rétorque :

This is the Saint-Simonian approach to journalism, isn’t it? I think it’s a mistake to reduce politics to policy. In part, politics is about articulating conceptions of the good. It might be helpful to have someone around to tell us what political parties think that involves. You may believe that political correspondents perform that role poorly or not at all. That doesn’t mean the role shouldn’t exist.

«Guano» aussi :

It is the prominence of political journalism that is the issue, because evidence and expert opinion is crowded out. If we are to hear about the spin that political parties put on an issue, that can be after we have heard an impartial discussion of the issue.