↬ Carburant d'avril

Thin Blue Line, News From What We Once Thought (2016)

Cet album ne révolutionne rien, mais propose une synthèse intéressante de kraut- (le beat motorik y occupe une place de choix) post- et math-rock. Les échantillons de voix du début sont délaissés avant de devenir lassants. Je trouvais l’album seulement «sympa» jusqu’à Vile Vortices, ponctuée d’un solo de batterie, qui mène à un saxophone (inusité) anguleux et une excellente ambiance de guitares. Une très agréable trame sonore nocturne.

Henry Kissinger, The White House Years (1979)

L’homme se passe de présentation, tout comme celui qu’il a servi à la Maison Blanche. Cette lecture (1500 pages) durera encore plusieurs semaines, mais je sens que le mélange entre théorie, anecdotes et récits plus étoffés me gardera intéressé.

«By an historical joke, a materialist philosophy what has solved no country’s economic problems has spread because of its mora claims, while the West, professing an idealistic philosophy l, has bemused itself with economic and technical remedies largely irrelevant to the underlying political and spiritual problem.» (p. 69)

Fabien Cloutier, Trouve-toi une vie (2016)

Il se dégage de ce recueil une très grande impression de cohérence, comme si Fabien Cloutier avait en fait écrit un seul monologue puis l’avait découpé pour le livrer périodiquement. Une amusante excursion avec un auteur chez qui on devine un fort sens de la «décence ordinaire» (chère à Orwell). J’ai bien peur qu’il faille lire ce minuscule recueil de chroniques rapidement : les références à l’actualités, très nombreuses et peu appuyées par des notes, pourraient perdre de leur force avec le temps.

↬ Un an de questions

C’est un cap non-négligeable : je viens de programmer la 366e Question du matin, qui devrait atterrir dans des dizaines de boîtes de courriel vendredi matin!

Après un an de rédaction, j’ai toujours autant de plaisir à dénicher des faits un peu obscurs pour vous aider à démarrer votre cerveau chaque matin. Merci à tous pour vos bons mots, vos idées, vos commentaires et votre enthousiasme!

↬ Carburant de février et de mars

Nicolas Dickner, Six Degrés de liberté (2015)

Depuis Nikolski, Nicolas Dickner a décidément adopté la structure en parallèle de ses romans. Ce n’est pas désagréable, surtout que le fait de voir venir la conclusion ne gâche pas la lecture. Dickner incorpore des thèmes techniques avec délicatesse, ce qui ajoute au plaisir de lecture.

Les plus pointilleux remarqueront toutefois un petit détail qui cloche dans ce roman habituellement très précis : à la page 62, l’auteur fait participer un de ses personnages au concours Déroule le rebord de Tim Hortons en plein mois de juillet. Je ne sais pas si ça en dit plus sur le personnage, l’auteur ou sur moi…

Matt Leacock et Rob Daviau, Pandemic Legacy, saison 1 (bleu), (2015)

Rob Daviau a mieux réussi son pari qu’avec la version Legacy du classique Risk. Alors que cette dernière offrait un jeu débalancé au cours des premières et dernières parties d’un jeu (de douze parties), Pandémie renouvelle le concept du jeu coopératif. Le sous-titre «saison 1» décrit bien le style narratif inspiré des séries télévisées de la dernière décennie. La proposition d’un jeu qu’on altère au fil des parties est très appropriée à un jeu coopératif et donne l’occasion de réfléchir à cette forme d’art.

(Justement, en jouant à Pandemic Legacy, le nom des villes du plateau revient fréquemment, ce qui a pour effet de pousser les joueurs à fredonner des chansons qui contiennent ces noms de villes. Évidemment, j’ai créé une liste de lecture de ces chansons, à laquelle mon ami Alexandre m’a recommandé d’ajouter Saint Petersburg de Brazilian Girls.)

GoGo Penguin, Man Made Object (2016)

Excellente ambiance, pour commencer, sur All Res. Percussions incroyables. Jeu de piano aux rythmes qui laissent croire à des effets électroniques (attaques à la fois relâchées et soutenues). Unspeakable World alterne majestueusement la tension des contretemps et des résolutions satisfaisantes.

L’instrumentation est généralement classique, mais Smarra se termine dans la distorsion et Protest commence avec une légère saturation. Trois remixes sont intégrés à la version offertes sur Apple Music; contrairement à la haute voltige des pièces originales, restreintes à l’instrumentation traditionnelle, ils n’offrent pas véritablement de valeur ajoutée.

↬ Jeu de cartes Géographie du Canada

Inutile de le nier : je suis un maniaque de questions. Je collectionne, d’ailleurs, certains artefacts qui témoigne du riche passé de questions de culture générale, les jeux de cartes de culture générale des ordre religieux québécois au début du 20e siècle. J’ai déjà mis en ligne une petite présentation de ces jeux de cartes ainsi que des numérisations de certains jeux Encyclopédie et des jeux de cartes Histoire du Québec des Clercs de Saint-Viateur.

Au début de l’année, grâce à mon ami et complice de questions Guillaume, j’ai mis la main sur un jeu de cartes Géographie du Canada des Clercs de Saint-Viateur et deux jeux de cartes Encyclopédie qui me manquaient.

Jeux de cartes Géographie du Canada et Encyclopédie

(C’est dans la fantastique boutique Si les objets pouvaient parler, à Québec, que j’ai trouvé ces jeux. Je crois que quelques jeux de l’abbé Blanchard sont encore en vente, d’ailleurs.)

On y trouve encore des commentaires éditoriaux comme :

Pourquoi y aurait-il avantage à conquérir de nouveaux marchés extérieurs?
Le nombre de nos clients et de nos fournisseurs et trop restreint : c’est un danger.

Et une curieuse erreur d’impression sur la carte 6A :

Quelles sont les 4 principales causes de décès au Canada?
Les maladies de coeur, le cancer,
Du sud-ouest au nord-est.

Voici donc, fidèle à mon habitude, la numérisation de ces trois jolis jeux de cartes :

Je rappelle que, d’après ma compréhension de la Loi canadienne sur le droit d’auteur, ces oeuvres devraient se retrouver dans le domaine public.

Je vous souhaite une excellente lecture et vous invite, si vous aimez ce genre de questions de culture générale, à vous abonner à la Question du matin.

↬ Mise à jour sur «Dans un grand cimetière...»

Une amie m’a partagé une autre version de la comptine «Dans un grand cimetière…», à propos de laquelle j’ai écrit en octobre dernier.

Dans un grand cimetière
Hi hi hi, Ha ha ha
Il y avait une sorcière
Hi hi hi, Ha ha ha
Très très grande et très très mince
Hi hi hi, Ha ha ha
Elle rencontre trois squelettes
Hi hi hi, Ha ha ha
Le premier porte une casquette
Hi hi hi, Ha ha ha
Le second mange une galette
Hi hi hi, Ha ha ha
Le troisième danse la claquette
Hi hi hi, Ha ha ha
Ils demandent à la sorcière
Hi hi hi, Ha ha ha
Que ferez-vous quand vous serez grande [?]
Hi hi hi, Ha ha ha
Je serai une sorcière
Hi hi hi, Ha ha ha
Dans un grand cimetière
Hi hi hi, Ha ha ha

S’agit-il d’une audacieuse construction postmoderne où la fin de la chanson devient le début de la chanson et où la protagoniste est à la fois jeune et vieille, permettant de mettre au jour une conception linéaire du temps et de la vie humaine?