À quoi servent les correspondants? →

Le carnet de Chris Dillow donne lieu à une intéressante conversation sur les correspondants politiques :

For one thing, they are redundant. All worthwhile issues could be as well or better covered by specialist reporters in other fields. For example, the junior doctors dispute could be covered by health or industrial relations correspondents; the local elections by local government reporters; the Brexit debate by economics, foreign or diplomatic reporters. And so on. The relative standings of the parties could be reported simply by comment-free reports on opinion polls or on Oddschecker’s election odds, in the same way that daily changes in the FTSE 100 are reported without comment. Which poses the question: what do political correspondents add?

Chris Hanretty rétorque :

This is the Saint-Simonian approach to journalism, isn’t it? I think it’s a mistake to reduce politics to policy. In part, politics is about articulating conceptions of the good. It might be helpful to have someone around to tell us what political parties think that involves. You may believe that political correspondents perform that role poorly or not at all. That doesn’t mean the role shouldn’t exist.

«Guano» aussi :

It is the prominence of political journalism that is the issue, because evidence and expert opinion is crowded out. If we are to hear about the spin that political parties put on an issue, that can be after we have heard an impartial discussion of the issue.

↬ Carburant d'avril

Thin Blue Line, News From What We Once Thought (2016)

Cet album ne révolutionne rien, mais propose une synthèse intéressante de kraut- (le beat motorik y occupe une place de choix) post- et math-rock. Les échantillons de voix du début sont délaissés avant de devenir lassants. Je trouvais l’album seulement «sympa» jusqu’à Vile Vortices, ponctuée d’un solo de batterie, qui mène à un saxophone (inusité) anguleux et une excellente ambiance de guitares. Une très agréable trame sonore nocturne.

Henry Kissinger, The White House Years (1979)

L’homme se passe de présentation, tout comme celui qu’il a servi à la Maison Blanche. Cette lecture (1500 pages) durera encore plusieurs semaines, mais je sens que le mélange entre théorie, anecdotes et récits plus étoffés me gardera intéressé.

«By an historical joke, a materialist philosophy what has solved no country’s economic problems has spread because of its mora claims, while the West, professing an idealistic philosophy l, has bemused itself with economic and technical remedies largely irrelevant to the underlying political and spiritual problem.» (p. 69)

Fabien Cloutier, Trouve-toi une vie (2016)

Il se dégage de ce recueil une très grande impression de cohérence, comme si Fabien Cloutier avait en fait écrit un seul monologue puis l’avait découpé pour le livrer périodiquement. Une amusante excursion avec un auteur chez qui on devine un fort sens de la «décence ordinaire» (chère à Orwell). J’ai bien peur qu’il faille lire ce minuscule recueil de chroniques rapidement : les références à l’actualités, très nombreuses et peu appuyées par des notes, pourraient perdre de leur force avec le temps.

↬ Un an de questions

C’est un cap non-négligeable : je viens de programmer la 366e Question du matin, qui devrait atterrir dans des dizaines de boîtes de courriel vendredi matin!

Après un an de rédaction, j’ai toujours autant de plaisir à dénicher des faits un peu obscurs pour vous aider à démarrer votre cerveau chaque matin. Merci à tous pour vos bons mots, vos idées, vos commentaires et votre enthousiasme!

↬ Carburant de février et de mars

Nicolas Dickner, Six Degrés de liberté (2015)

Depuis Nikolski, Nicolas Dickner a décidément adopté la structure en parallèle de ses romans. Ce n’est pas désagréable, surtout que le fait de voir venir la conclusion ne gâche pas la lecture. Dickner incorpore des thèmes techniques avec délicatesse, ce qui ajoute au plaisir de lecture.

Les plus pointilleux remarqueront toutefois un petit détail qui cloche dans ce roman habituellement très précis : à la page 62, l’auteur fait participer un de ses personnages au concours Déroule le rebord de Tim Hortons en plein mois de juillet. Je ne sais pas si ça en dit plus sur le personnage, l’auteur ou sur moi…

Matt Leacock et Rob Daviau, Pandemic Legacy, saison 1 (bleu), (2015)

Rob Daviau a mieux réussi son pari qu’avec la version Legacy du classique Risk. Alors que cette dernière offrait un jeu débalancé au cours des premières et dernières parties d’un jeu (de douze parties), Pandémie renouvelle le concept du jeu coopératif. Le sous-titre «saison 1» décrit bien le style narratif inspiré des séries télévisées de la dernière décennie. La proposition d’un jeu qu’on altère au fil des parties est très appropriée à un jeu coopératif et donne l’occasion de réfléchir à cette forme d’art.

(Justement, en jouant à Pandemic Legacy, le nom des villes du plateau revient fréquemment, ce qui a pour effet de pousser les joueurs à fredonner des chansons qui contiennent ces noms de villes. Évidemment, j’ai créé une liste de lecture de ces chansons, à laquelle mon ami Alexandre m’a recommandé d’ajouter Saint Petersburg de Brazilian Girls.)

GoGo Penguin, Man Made Object (2016)

Excellente ambiance, pour commencer, sur All Res. Percussions incroyables. Jeu de piano aux rythmes qui laissent croire à des effets électroniques (attaques à la fois relâchées et soutenues). Unspeakable World alterne majestueusement la tension des contretemps et des résolutions satisfaisantes.

L’instrumentation est généralement classique, mais Smarra se termine dans la distorsion et Protest commence avec une légère saturation. Trois remixes sont intégrés à la version offertes sur Apple Music; contrairement à la haute voltige des pièces originales, restreintes à l’instrumentation traditionnelle, ils n’offrent pas véritablement de valeur ajoutée.

↬ Jeu de cartes Géographie du Canada

Inutile de le nier : je suis un maniaque de questions. Je collectionne, d’ailleurs, certains artefacts qui témoigne du riche passé de questions de culture générale, les jeux de cartes de culture générale des ordre religieux québécois au début du 20e siècle. J’ai déjà mis en ligne une petite présentation de ces jeux de cartes ainsi que des numérisations de certains jeux Encyclopédie et des jeux de cartes Histoire du Québec des Clercs de Saint-Viateur.

Au début de l’année, grâce à mon ami et complice de questions Guillaume, j’ai mis la main sur un jeu de cartes Géographie du Canada des Clercs de Saint-Viateur et deux jeux de cartes Encyclopédie qui me manquaient.

Jeux de cartes Géographie du Canada et Encyclopédie

(C’est dans la fantastique boutique Si les objets pouvaient parler, à Québec, que j’ai trouvé ces jeux. Je crois que quelques jeux de l’abbé Blanchard sont encore en vente, d’ailleurs.)

On y trouve encore des commentaires éditoriaux comme :

Pourquoi y aurait-il avantage à conquérir de nouveaux marchés extérieurs?
Le nombre de nos clients et de nos fournisseurs et trop restreint : c’est un danger.

Et une curieuse erreur d’impression sur la carte 6A :

Quelles sont les 4 principales causes de décès au Canada?
Les maladies de coeur, le cancer,
Du sud-ouest au nord-est.

Voici donc, fidèle à mon habitude, un fichier PDF :

Je rappelle que, d’après ma compréhension de la Loi canadienne sur le droit d’auteur, ces oeuvres devraient se retrouver dans le domaine public.

Je vous souhaite une excellente lecture et vous invite, si vous aimez ce genre de questions de culture générale, à vous abonner à la Question du matin.