Les idées libres restent

Ce soir, une idée me trotte dans la tête, celle de retrouver un micro-projet sur lequel j’avais travaillé : En 2003-2004, alors que j’étais encore au secondaire, j’ai découvert Wikipédia. Comme aujourd’hui, la version française accusait un certain retard par rapport à son équivalent anglophone, mais à l’époque, elle était carrément embryonnaire (La preuve, j’ai créé l’article «Angle», tout comme j’ai débuté l’article «Exode rural»).

Ce n’est donc pas une surprise si j’ai tout de suite sauté dans le wagon (que j’ai malheureusement quitté depuis) de Wikibooks. Le micro-projet sur lequel j’avais travaillé, c’est la création d’un logo pour la branche francophone du projet. Même si la discussion a depuis été perdue, j’avais proposé un logo que je ne trouvais pas si mal. (Il est cependant inaccessible depuis 2011).

Rien pour fouetter sa grand-mère, comme on dit, mais tout de même l’idée du Wikilien et du partage entre les ouvrages. En plus, comme je n’avais pas les capacités de graphiste pour concevoir une reliure digne de ce nom pour les livres, j’avais interprété ce manque comme étant une représentation de l’état transitoire des Wikilivres. Avec le recul, je me dis que ce n’étais pas mal.

Pour en revenir au fait que ce logo me trottait dans la tête. J’ai googlé un peu pour le retrouver, et j’ai découvert quelque chose de proprement stupéfiant : Quelqu’un sur le site l’avait déterré et avait proposé une reconsidération de celui-ci (ils ont bien le droit, je leur ai donné)!

Permettez-moi d’en tirer une leçon qui peut sembler un peu forte : Les meilleures idées ont besoin d’être partagées pour s’épanouir. Si les projets de Wikimedia n’utilisaient pas une licence si ouverte, ils ne pourraient pas avoir d’archives utilisables aussi vastes. Si j’avais gardé le logo pour moi, ou s’il avait été proposé sous une licence plus restrictive, il n’aurait pas été reconsidéré, et n’aurait jamais pu être retrouvé par un quelconque utilisateur. Les idées libres, exprimées librement, restent.

Même si cette idée n’a pas été retenue, je sens qu’elle a au moins eu la chance d’être discutée, réfléchie et contre-pesée plutôt que d’être morte en 2004. Le web, l’abolition des limites de stockage et les licences libres me semblent permettre une méritocratie des idées qui me plaît. À un coût que Chris Anderson se plairait de commenter.